mardi, 02 octobre 2007

Quand le débat déborde

La population du Québec semble vouloir sombrer dans une chasse aux sorcières qui n'aura de fin que lorsqu'elle aura apprivoisés ses fantômes.

Alors que le débat sur les accommodements raisonnables devait faire la lumière sur certains cas de mise en oeuvre démesurés de cette pratique, voilà que l'arène se transporte dans la sphère des affaires municipales et que l'on s'adonne à un lynchage en bonne due forme.

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a récemment déposé un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor dans lequel il prônait une certaine forme d'affirmation religieuse à travers les institutions politiques ou civiles. Il a aussi, il faut le mentionner, déposé ce rapport au nom de la ville de Saguenay, ce qui a su attiser les tensions car il se trouvait ainsi à faire endosser de façon tacite son mémoire par une partie de sa population et par son conseil.

Lors du dernier conseil municipal, plusieurs citoyens sont venus montrer leur mécontentement de manière bruyante. Et le maire a dû se défendre seul.

Le courage politique ne paie pas. La parole d'un élu n'est pas garante de l'approbation de son équipe ou de la population qu'il représente. L'opinion d'un homme, lorsqu'il est au service public, ne doit pas faire ombrage à sa tâche.

Jean Tremblay a commis l'erreur de parler au nom des autres alors que ces autres ne sont pas d'accord avec lui. Il lui reste deux options: démissionner et devenir libre de ses opinions, ou soumettre son mémoire à un référendum et agir en conséquence selon le résultat obtenu.