samedi, 22 septembre 2007

L'octobre 70 de Falardeau

Une télé-série prenait l'affiche au réseau anglais de Radio-Canada, il y a quelques temps, relatant la crise canadienne d'octobre 70. Elle a récemment été acquise par Télé-Québec et est diffusée en français, cette fois. Cette télé-série, de l'avis de plusieurs, était bien foutue, avec d'excellents acteurs et réussissait à expliquer correctement le contexte global de cette crise. Évidemment, Radio-Canada, toujours frileuse lorsque la controverse se pointe, aura préféré ne pas diffuser la série.

Avec un auditoire somme toute restreint, surtout à cause de la grille-horaire choisie, la série n'a pas tellement fait parler d'elle. Mais voilà que l'un des téléspectateurs manifeste sont mécontentement: Falardeau.

Il faut dire que Falardeau a son propre octobre 70, et que sa mémoire est plutôt sélective. Falardeau n'a pas aimé la série (doit-on s'en étonner?). Falardeau trouve que même si elle est bien faite au plan cinématographique, elle n'aurait jamais dû exister.

L'octobre 70 de Falardeau est un rêve, un rêve où les méchants sont bons et les gens normaux sont des monstres. L'octobre 70 de Falardeau est une apologie de la violence au nom d'un idéal brouillon et informe. L'octobre 70 de Falardeau n'existe que dans la tête de Falardeau, et, pour notre malheur, sur pellicule.

Falardeau, du fond de sa tanière, s'insurge donc devant cette version de l'Histoire. Il y voit des relents de colonialisme exploiteur. Il y voit le mal du Canada-anglais. Il y voit peut-être, aussi, d'où sa colère, tout ce que lui n'a pas accompli avec son torchon révisionniste.

La crise d'octobre demeure, au fond, une série d'actes terroristes perpétrés par de jeunes imbéciles en mal de publicité. C'est un épisode honteux de l'histoire québécoise qu'il faut occulter, puis ranger au placard des défauts qui nous restent à corriger. Il était grand temps que l'on remette les pendules à l'heure.