dimanche, 09 septembre 2007
Environnementalisme paradoxal
L'environnementalisme, ou l'éco-culpabilisme, est en vogue, et pour cause. Depuis une bonne dizaine d'années, le citoyen est assailli de consignes visant à sauver l'écosystème planétaire. Les groupes prônant ce type d'action responsable individuelle sont souvent, sinon toujours, de gauche. Ces groupes affectionnent également des causes "soeurs" de l'environnementalisme: la lutte à la pauvreté, le pacifisme, la réduction de l'écart entre les pauvres et les riches, etc..
Soit.
Lors d'un récent achat, je me suis rendu compte du paradoxe ultime de cette thèse. Il fallait acquérir de nouveaux électroménagers pour la lessive. Beaucoup de modèles disponibles, dont certains, extrêmement dispendieux (2 000 à 5 000 dollars) selon les moyens du commun des consommateurs. L'achat de ces derniers modèles, toutefois, donnent droit à un remboursement gouvernemental visant à encourager l'achat de ces modèles qui consomment moins d'énergie et, donc, font moins de dommages à l'environnement.
Mais, à bien y penser, le même phénomène peut être observé au niveau des véhicules. Les véhicules hybrides, entièrement électriques ou même, plus simplement, les véhicules neufs et en bon état, ne semblent être accessibles qu'à une minorité d'acheteurs.
Préparer et maintenir un compost exige un espace disponible pour ce faire. Rares sont les locataires ayant l'espace nécessaire à une telle activité.
La nouvelle coqueluche, la consommation locale responsable, semble aussi difficile d'accès à ceux qui n'ont pas le revenu pour assumer cette dépense additionnelle. On pourrait en dire autant de ces nouvelles ampoules ultra performantes qui coûtent dix fois le prix d'une ampoule ordinaire, et que je n'ai vu que chez des gens à l'aise financièrement.
Cette capacité à participer à l'effort de consommation responsable serait-elle donc réservée à une classe en particulier, mieux nantie? On dirait que cet effort demandé, exigé même, est inatteignable pour la majorité de nos concitoyens, ceux-là même qui exigent cette discipline incontournable, sous peine d'extinction de la race humaine.
Il y a lieu de se questionner, devant un tel paradoxe, du bien-fondé de ces exigences.
22:28 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Environnementalisme, responsable, paradoxe, richesse, pauvreté


