vendredi, 05 octobre 2007

Les étudiants ne sont pas tous irresponsables

Alors qu'un mouvement de protestation fait rage dans le milieu de l'éducation au Québec, face au dégel des frais de scolarité enfin amorcé par le gouvernement, voilà que les étudiants Cégep du Vieux-Montréal, pourtant bastion de la protestation, refusent d'aller vers la grève générale.

C'est un coup dur pour les tenants de ce soi-disant moyen de pression. En refusant de joindre leurs rangs, les étudiants du Cégep du Vieux-Montréal envoient un message clair aux associations étudiantes: nous voulons, avant tout, terminer nos études et gagner le marché du travail au plus vite. Et ils ont raison d'agir ainsi. 

Pour changer un système, il ne suffit pas de se marginaliser et de le contester. Il faut infiltrer, pour ainsi dire, ce système et s'appliquer à l'améliorer, le transformer. Sauf que les étudiants qui déchire leur chemise au nom de la gratuité scolaire auront un réveil difficile lorsqu'ils joindront les rangs de la communauté des payeurs de taxes. Ils constateront que le rêve de la gratuité scolaire peut tourner au cauchemar fiscal si l'on tente d'augmenter, encore, la part du budget consacrée à l'éducation.

Les agitateurs qui sévissent au sein des associations étudiantes les plus revendicatrices le font souvent par goût de la confrontation. Trop peu occupés par leur programme d'étude farfelu, ils doivent occuper leur temps au Cégep et à l'université et trouver des "causes" à défendre, en plus de mousser leurs options politiques marginales comme le communisme, le marxisme et l'anarchisme.

Un simple exercice de comparaison expose rapidement le ridicule des revendications: alors que les étudiants québécois paient moins que tous leurs voisins américains, ils réclament plus, ou plutôt, moins.

 

 

Part des frais de scolarité des étudiants de premier cycle
dans les dépenses de fonctionnement général des universités, Québec et régions du Canada
(en dollars courants), 2001-2002

Province/Ensemble

Frais de scolarité

(en $)

Dépenses de fonctionnement par étudiant

(en $)

Part des frais de scolarité dans les dépenses de fonctionnement

(en %)

Québec

1 842

11 916

15,4

Canada sans le Québec

3 808

11 943

31,8

Provinces de l’Atlantique

3 866

12 143

31,8

Ontario

4 492

11 365

39,5

Provinces de l’Ouest

3 579

12 730

28,1

Canada

3 577

11 938

29,9

Sources :  (1) Ministère de l’Éducation.
               (2) Statistique Canada.

Indicateurs de l’éducation, édition 2003, section 1.14.

 

lundi, 01 octobre 2007

Traquer l'intégrisme

Alors qu'au Québec, on se questionne gentiment sur les accommodements raisonnables, il en va tout autrement en Algérie où, au contraire, on cherche plutôt à cesser tout accommodement et à traquer les racines du mal.

Suite à plusieurs cas d'intégrisme exalté qui ont été rapportés par des enseignants, les autorités algériennes ont décidé de prendre le taureau par les cornes et d'agir là où les mauvaises habitudes sont acquises: l'école.

On est bien loin d'une volonté de compréhension, d'écoute et de psychanalyse ici. Le gouvernement n'ira pas par quatre chemins: il traquera systématiquement les intolérants et les punira. Ce gouvernement institutionnalise la répression de l'intolérance et de l'hystérie intégriste. Il faut un certain culot et une poigne de fer dans un contexte où d'autres pays choisissent plutôt la voie inverse et sombrent dans un amalgame de l'État du dogme Islamiste qui a de quoi inquiéter.

Assiste-t-on à l'initiation d'un mouvement qui prendra de l'ampleur en Afrique du Nord et au Proche-Orient? 

Souhaitons-le. On pourra ensuite revenir à un dialogue sensé. 

 

dimanche, 30 septembre 2007

L'éducation publique, ou l'incapacité de s'adapter

L'enfant est au coeur des préoccupations d'un parent. Le rôle primaire du parent est d'offrir à l'enfant les outils nécessaires pour qu'il puisse, à son tour, faire son chemin dans la vie. Parmi ces outils, l'éducation est un élément non négligeable puisque l'avenir professionnel d'un citoyen est largement tributaire des diplômes obtenus. Que ceci soit juste ou même souhaitable, là n'est pas la question. À Rome, on fait comme les Romains.

Bien sûr, au-delà des diplômes, l'éducation doit aussi être multidisciplinaire et fournir un cadre évolutif à l'enfant. Cette éducation doit, au fond, renforcer les valeurs de base acquises à la maison et en société (l'honnêteté, la valeur du travail bien fait, le respect de son prochain et de l'autorité, etc..) 

Ici, au Québec, l'éducation publique au primaire et au secondaire (l'équivalent du lycée) est offerte gratuitement à tous les citoyens. La qualité et la portée de cette éducation est, selon l'avis de plusieurs, médiocre et, en plus, en déclin. Les nombreuses réformes et révisions du contenu pédagogique et l'évacuation de notions spirituelles et morales ont achevées la tendance utilitariste imprimée à l'éducation.

Ainsi s'ouvrait la voie aux écoles dites privées, qui n'ont de privé que le processus d'admission et une minime liberté d'action. Ces écoles imposent un examen d'entrée afin, surtout, de regrouper les élèves de même niveau ensembles. De plus, elles inscriront au cursus des cours additionnels qui ne sont pas requis par le ministère de l'éducation (histoire de l'art, religion, latin, etc..). 

Les parents, pour qui les enfants sont au coeur des préoccupations, y ont vu un refuge, une voie alternative et salvatrice pour offrir à leurs enfants une éducation enrichie et à la hauteur de leurs croyances. Le cursus enrichi de ces écoles, et le fait que les coûts d'admission demeurent peu élevés pour un tel avantage, ont dopées le nombre d'inscriptions dans ces écoles.  

Dans un ultime effort visant à empêcher l'exode vers les écoles privées, une commission scolaire de Montréal devance les dates d'inscription pour attirer les parents. Une équation simpliste entre la date d'inscription et le choix que feront les parents a mené ces organismes d'un autre âge à tenter cette opération futile.

Lorsqu'ils comprendront que les parents sont prêts à débourser des milliers de dollars par année pour offrir mieux à leurs enfants, et ce même s'ils déboursent déjà beaucoup d'argent à partir de leurs impôts et taxes, peut-être que ces commissions scolaires s'attaqueront à la source véritable de leur déchéance: la qualité de l'éducation qu'ils sont forcés d'offrir.